Tag Archive for victor regnart

Ouskonné artistique

Voilà une peinture de Victor Regnart, peintre élougeois célèbre.
Dour - peinture de Victor Régnart

A votre avis, à quel endroit de l’entité se trouvait-il quand il a réalisé cette oeuvre ?

Mise à jour le 28.05.2008 à 22h57 :
En « off », l’équipe de MonDour pensait au chemin des 34 (près du terrain de foot d’Elouges). Pich nous envoie une peinture qui apporte peut-être un indice supplémentaire :
Dour - Ouskonné artistique

Les certificats d’études à Elouges en 1956

De véritables oeuvres d’art ces certificats d’études de l’école communale d’Elouges.
C’est un document que j’ai conservé et encadré à l’époque (1956) lorsque je terminai mon école primaire dans la classe de Monsieur Derrider. Le certificat était une reproduction d’une oeuvre du peintre Victor Regnart. Je n’ai pas la chance de posséder des originaux ;-( . Il représentait la place d’Elouges que vous reconnaissez certainement.
élouges, certificat d'études

Un gros plan sur divers endroits du document vous montre les signatures des responsables de l’époque.
Vous y voyez celle du chef d’école, celle du secrétaire communal, celle de l’échevin de l’instruction et celle du bourgmestre et ces noms ne sont pas inconnus aux élougeois de l’époque. Pouvez-vous les lire ?

Victor Regnart habitait dans une petite maison située dans la rue du Commerce à Elouges (ancienne rue Grande).

Les élèves de l’époque ont eu l’occasion de le voir en personne lorsqu’il rendait visite à l’école communale.
J’ai pu le voir en chair et en os lors de son exposition en 1956. Ses peintures étaient exposées dans la salle de gymnastique au rez de chaussée.
Un petit rappel de sa vie n’est pas inutile. Le petit texte repiqué sur le net vous en retrace les épisodes.
Victor Regnart naquit le 26 janvier 1886 à Elouges.
Issu d’une famille aimant l’art, il fut étroitement surveillé et conseillé tantôt par son père, tantôt par son oncle également peintre décorateur très apprécié dans la région ou encore par son grand-père, peintre à Elouges.
Il manifesta très vite les multiples talents dont il avait hérité. En effet, dès l’âge de 9 ans, il se distinguait déjà au cours de dessin. A l’âge de 12 ans, ce don se confirma. En cette année, alors qu’il tenait compagnie à une tante alitée, son oncle lui tendit une feuille et un crayon et le posa devant un masque en plâtre. L’adolescent passa toute l’après-midi à dessiner le masque. Le résultat fut à ce point révélateur pour son entourage que le choix de son avenir fut arrêté : il devait être peintre. Victor Regnart entra alors à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Mons en 1900. De 1902 à 1907, il collectionna les résultats les plus édifiants. Ensuite, il poursuivit ses études à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles de 1908 à 1909 et s’inscrivit plus tard à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers où il fit encore l’unanimité.
En 1911, il termina second au Grand Prix de Rome, derrière son condisciple Louis Buisseret.
Après avoir fait de brillantes études et remporté les épreuves les plus difficiles, Victor Regnart retourna dans sa famille. Il décida de ne plus quitter son village et employa tout son temps à le regarder avec amour, à le dessiner et à le peindre. En effet, que ce soit sous la pluie ou sous la neige, par le froid matinal ou aux lueurs du couchant, nous retrouvons dans toutes ses œuvres les vieux corons d’Elouges.
Né à l’époque des grands bouleversements économiques, Victor Regnart a été profondément touché par ces événements inhérents à la première Révolution industrielle. Il se pencha sur le sort des humbles et traduisit dans son œuvre l’atmosphère sociale régnante. Contrairement aux autres artistes, Victor Regnart n’a réalisé que très peu d’œuvres représentant le mineur dans la mine ou encore le travail des femmes et des enfants. Néanmoins, même si ces problèmes sont à peine évoqués, ses peintures et ses gravures révèlent une approche suffisante afin que nous puissions mieux comprendre dans quelles difficultés et au milieu de quels dangers ces hommes et ces femmes ont dû travailler.
A travers son œuvre, il a su donner à cette région rude et sombre, une certaine poésie en même temps qu’une beauté grave et forte.
Les centaines de toiles et de gravures qu’il a réalisées montrent un exceptionnel don de l’observation et d’émerveillement, allié à une maîtrise parfaite de la palette et des techniques de gravures.
Sa palette riche et variée au début de sa carrière prendra des tonalités plus sombres par la suite. Mais, là, ne s’arrête pas le renouveau : encouragé par ses amis, l’artiste accorde enfin à son village natal le privilège de le connaître : trois expositions (1956, 1958 et 1962) couronnent une carrière féconde. C’est hélas le chant du cygne : la vue de Victor Regnart faiblit, sa santé s’altère, et celle de son épouse Marie ne vaut guère mieux.
Ce couple amoureux de l’art, vivant pour l’art, s’éteindra à Wihéries : elle, le 15 octobre 1964, lui, trois semaines plus tard, le 9 novembre 1964.